Vieillissement et maladie : se réapproprier son corps grâce à la sophrologie

Quand le corps vieillit ou souffre, il peut devenir un étranger. La sophrologie aide à passer du corps « subi » au corps « vécu » pour retrouver sa dignité de sujet.

« Le corps est la partie de l'âme qui se voit. » ---- Michel Tournier

L'épreuve du "silence brisé"

Il existe une définition célèbre de la santé donnée par le chirurgien René Leriche : « La santé, c’est la vie dans le silence des organes. » Cette phrase résonne avec une acuité particulière chez mes patients qui avancent en âge ou traversent la maladie. Tant que tout va bien, nous sommes notre corps avec insouciance. Il est ce compagnon discret, ce véhicule docile qui nous permet d’agir sur le monde. Mais quand survient la douleur chronique, la raideur ou la pathologie, ce silence se brise. Le corps se met à faire du bruit. Il crie, il grince, il résiste.

L’anthropologue David Le Breton, qui a longuement étudié la douleur, explique très bien ce phénomène : la souffrance crée une dissociation. Soudain, il y a « Moi » d’un côté, et ce « Corps » de l’autre, qui devient un étranger, un obstacle, voire un ennemi à abattre. On entend souvent : « Ce genou me tue », « Mon dos me trahit ». C’est une rupture intime violente. Le corps n’est plus le lieu de l’existence, mais le lieu du combat.

Le piège de la réduction médicale

Face à ce corps bruyant, la réponse médicale est nécessaire, mais elle est souvent « mécaniste ». On répare la pièce défectueuse, on ajuste la chimie. Le risque, insidieux, est de finir par se percevoir soi-même comme une somme de dysfonctionnements. Beaucoup de seniors que j’accompagne ont le sentiment de n’être plus qu’un « dossier médical », une suite de résultats d’analyses. Ils en viennent à s’excuser d’être là, d’être lents, d’être encombrants. Leur dignité de Sujet s’effrite face à l’objectivation de leur corps.

La réponse phénoménologique : "Je suis mon corps"

C’est ici que la sophrologie propose un changement de regard radical. Elle s’appuie sur la phénoménologie, et notamment sur la pensée de Maurice Merleau-Ponty, pour qui « Je ne suis pas devant mon corps, je suis dans mon corps ». Notre travail en séance ne consiste pas à nier la maladie (ce serait irresponsable) ni à « faire taire » le symptôme par la force. Il consiste à réhabiter la maison.

Comment ? En réinvestissant patiemment les zones de silence. Lorsque la douleur monopolise l’attention (ce que les neurologues appellent « l’effet tunnel »), la conscience se fige sur la zone qui fait mal. Le reste du corps tombe dans l’oubli, dans l’ombre. Avec beaucoup de douceur, nous allons rallumer la lumière dans les pièces qui vont bien.

  • Sentir le poids rassurant du bassin ancré dans le fauteuil.

  • Retrouver la sensation tactile de la paume des mains, chaude et vivante.

  • Accueillir le mouvement perpétuel et involontaire du souffle.

De la lutte à l'alliance

Ce redéploiement sensoriel n’est pas une fuite. C’est une reconquête. En sentant que « tout mon corps n’est pas douleur », que des espaces de paix existent encore en moi, je défais l’étau de l’angoisse. Je cesse de me réduire à ma pathologie. Je retrouve ce que nous appelons en sophrologie la « vivance » : cette sensation immédiate d’être en vie, ici et maintenant, indépendamment de l’état de santé.

C’est un chemin d’humilité et de haute dignité. C’est accepter de signer une paix avec ce corps vieillissant, de le traiter non plus comme un valet maladroit, mais comme un vieux partenaire de route qui mérite notre bienveillance. Pour conclure, je citerai l’écrivaine Colette, immobilisée par l’arthrite à la fin de sa vie, qui nous a laissé cette leçon de sagesse : « Il faut avec les années former une coalition avec son corps, une entente cordiale, faute de quoi, c’est la guerre civile. »

La sophrologie est là pour vous aider à négocier cette entente cordiale. Pour que vous puissiez habiter votre corps, jusqu’au bout, comme un sujet à part entière.


Si vous ressentez cette rupture avec votre corps, sachez que je peux vous accompagner pour retisser ce lien. Je me déplace à votre domicile ou nous nous retrouvons dans un lieu adapté, pour avancer à votre rythme, dans le respect absolu de vos limites.

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