Loin de la méthode Coué, l’Action Positive en sophrologie repose sur la neuroplasticité. Comprendre comment s’appuyer sur le sain pour soutenir le fragile face à la maladie ou au stress.
Un petit mot personnel avant de commencer. Si le blog s’est fait plus silencieux ces dernières semaines, ce n’était pas pour prolonger les festivités, mais pour plonger dans l’étude. Je sors tout juste de mes partiels de mi-année en Psychologie. C’est une période toujours intense, où la pensée se trouve forcément un peu troublée, saturée même, par les excès de neuropsychologie et d’épistémologie ingurgités par cœur.
Je profite d’ailleurs de cette reprise de souffle — il paraît que la fenêtre de tir est ouverte jusqu’au 31, alors j’en abuse avec malice — pour vous présenter mes vœux. Je ne vous souhaiterai pas une année « parfaite », « sans nuages » ou « purement positive ». Je laisse cela aux cartes postales glacées. Je vous souhaite une année vivante. Une année où, quoi qu’il arrive, vous trouverez en vous cet espace de calme pour faire face.
Et c’est justement en émergeant de ce « bain » théorique sur les mécanismes de notre cerveau que je souhaite clarifier une notion essentielle, souvent mal comprise en janvier.
Le principe d'Action Positive : de la pensée magique à la réalité neurologique
Car en ce début d’année, les injonctions au bonheur et à la « pensée positive » saturent nos écrans…
« Il faut voir le bon côté des choses », nous dit-on. Mais comment entendre cette phrase lorsqu’on traverse une chimiothérapie, un deuil ou un épuisement professionnel ? Elle peut même devenir violente, culpabilisante.
En tant que sophrologue, je tiens à poser une distinction fondamentale : la sophrologie n’est pas la méthode Coué. Nous ne sommes pas là pour nous répéter « je vais bien » face à un miroir alors que tout s’effondre.
Le Principe d’Action Positive, tel qu’il a été théorisé par le fondateur de la sophrologie (le neuropsychiatre Alfonso Caycedo), repose sur une réalité biologique concrète : la plasticité de notre cerveau.
Le cerveau : Velcro pour le négatif, Téflon pour le positif
Les neurosciences, et notamment les travaux du neuropsychologue Rick Hanson (auteur du Cerveau du Bonheur), ont mis en lumière ce qu’on appelle le « biais de négativité ». Pour des raisons de survie, notre cerveau a évolué pour repérer le danger, la douleur et le problème en priorité. Il les mémorise instantanément. À l’inverse, les sensations agréables ou neutres (un rayon de soleil, un moment de calme, une respiration fluide) « glissent » sur nous sans laisser de trace durable, comme sur du Téflon.
Pratiquer l’Action Positive, ce n’est pas se voiler la face. C’est un entraînement volontaire pour compenser ce biais archaïque. C’est obliger notre cerveau à « kiffer » (épaissir) les zones de calme pour qu’elles s’inscrivent dans nos neurones aussi durablement que nos douleurs.
S'appuyer sur le sain pour soutenir le fragile
C’est là toute la puissance de l’accompagnement sophrologique face à la maladie. Imaginez un patient dont les poumons sont atteints. Lui demander de « respirer la joie » est absurde. Son foyer d’attention est la douleur thoracique. Notre travail, ensemble, sera d’aller chercher, ailleurs dans le corps, une zone qui est restée saine. Peut-être la sensation des pieds, parfaitement stables et ancrés au sol. Peut-être la chaleur des mains.
Nous allons saturer la conscience avec cette sensation de « sain ». Physiologiquement, nous activons le système nerveux parasympathique (celui de la récupération). Nous envoyons au cerveau un signal : « Regarde, tout n’est pas détruit. Il y a encore de la vie, là, dans tes pieds. »
Une loi physiologique
Le Dr Caycedo a formulé cette loi : « Toute action positive dirigée vers la conscience se répercute sur tous les éléments psychiques. »
En d’autres termes, en apaisant le corps (ne serait-ce qu’un petit bout), on apaise le mental. En calmant le mental, on détend les tissus. C’est un cercle vertueux, documenté par l’épigénétique aujourd’hui.
Pour aller plus loin
Si cette approche scientifique de la résilience vous intéresse, je vous recommande la lecture de « Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau » de Norman Doidge. Il y explique, cas cliniques à l’appui, comment la pensée et l’exercice mental peuvent physiquement modifier la structure de notre cerveau.
La sophrologie est cet outil de transformation. Ce n’est pas de la magie, c’est de l’entraînement. Et comme tout entraînement, il commence par un premier pas, parfois modeste, mais répété.
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