Stress scolaire : les signes à repérer un mois après la rentrée

Un mois après la rentrée, la tempête devrait être passée. Si elle ne l’est pas, ce n’est plus la rentrée qui parle. Ce qui doit avoir disparu, ce qui peut rester, ce qui demande d’agir.

stress et anxiété

Un mois après la rentrée, la tempête devrait être passée. Si elle ne l’est pas, ce n’est plus la rentrée qui parle, c’est autre chose. Voici comment faire la différence.

En bref

  • La rentrée est un événement, pas une saison : au bout de six mois, peu d’enfants s’en souviennent.
  • Un peu d’inconfort en septembre-octobre est normal ; ce qui compte, c’est ce qui reste début octobre.
  • Sommeil, ventre du matin, refus, repli, violence : cinq signes qui, s’ils durent, demandent d’agir.

La rentrée n'est pas l'année

Chaque année, dès la fin août, on nous répète que la rentrée est un moment stressant. C’est vrai. Elle l’est pour les enfants, quel que soit l’âge et quel que soit l’enjeu : l’année du brevet ou celle du bac, la dernière année de primaire, la première de collège, la quatrième. Et elle l’est au moins autant pour les parents, qui connaissent les dates charnières et se les répètent, puis les répètent à leurs enfants.

Mais on oublie de dire la suite. La rentrée est un événement, pas une saison. Au bout de six mois, peu d’enfants s’en souviennent. Une rentrée réussie peut se dégrader après le premier trimestre ; une rentrée ratée s’allège souvent à mesure que l’enfant apprend à connaître ses professeurs, sa classe, ses camarades, et qu’il prend ses marques. Le temps, en septembre, est le meilleur allié des familles. C’est aussi le plus difficile à accorder quand on est parent et qu’on voudrait tout régler tout de suite.

Alors un mois après, début octobre, on peut enfin regarder autre chose que la rentrée. On regarde ce qui reste.

Ce qui devrait avoir disparu

Le stress de la rentrée, chez un enfant, est très concret. Ce n’est pas le brevet qui l’inquiète, même l’année du brevet. C’est : qui sera mon prof ? Je ne connais personne dans ma classe. Si on m’a embêté l’an dernier, est-ce que ça va continuer ? À quelle sauce vais-je être mangé ? Ces questions-là trouvent leur réponse en quelques semaines, par la simple répétition des journées. Début octobre, elles devraient s’être tues, ou presque.

Ce n'est pas le brevet qui inquiète un enfant, même l'année du brevet. C'est : à quelle sauce vais-je être mangé ?

Les parents, eux, stressent pour d’autres raisons : les résultats, l’orientation, « s’il a eu du mal l’an dernier, comment va-t-il s’en sortir ? », et toute l’organisation qui vient avec, la rentrée sportive, les activités, les trajets. Ce stress-là ne disparaît pas en un mois, mais il n’a pas à être celui de l’enfant. C’est souvent le premier signe à repérer, et il n’est pas chez l’enfant.

Ce qui peut rester, et qu'on laisse passer

Un peu d’inconfort est normal. Un enfant qui traîne le matin, qui râle sur ses devoirs, qui trouve son prof de maths injuste, qui a eu une mauvaise note et l’a mal vécue : c’est l’école, c’est la vie qui s’organise. Il n’y a pas de modèle parfait, mais s’il fallait en choisir un, ce serait celui des parents qui se disent : « ça va être le Bronx en septembre-octobre, on laisse passer la tempête, on regarde comment ça s’inscrit dans le temps, et s’il y a un sujet, on avisera. »

L’autre posture, je la vois souvent : des parents qui, avant même la rentrée, se projettent sur toute l’année et sur tout ce qui pourrait mal tourner, et qui sont en hypervigilance dès le premier jour. C’est humain. Mais un enfant est une éponge : l’inquiétude des parents déteint sur lui bien plus vite que les mots rassurants qu’on lui adresse. J’en parle dans l’enfant éponge.

Une jeune fille, qui semble souffrir de stress scolaire, pose sa tête sur une table et regarde pensivement l'appareil photo, tandis qu'un autre enfant dessine à côté d'elle, au milieu de crayons et de feuilles éparpillés.

Et gardons les proportions : dans la tête d’un enfant, une sortie à la piscine avec la classe peut peser bien plus lourd que la rentrée. Ce qui est un non-événement pour un parent peut être ultra compliqué pour lui, et inversement.

Ce qui s'installe, et qui demande d'agir

Il y a une ligne, et elle est assez nette. D’un côté l’inconfort, qui va et vient. De l’autre, ce qui s’installe et ne repart pas, un mois après la rentrée :

  • Le sommeil. Un enfant qui ne s’endort plus, qui se réveille la nuit, ou qui dort d’un coup beaucoup plus qu’avant.
  • Le corps du matin. Le ventre qui fait mal, la nausée, les maux de tête, presque tous les jours d’école et jamais le week-end. Le corps parle avant les mots, et il ne ment pas.
  • Les refus. Ne plus vouloir y aller, pas un lundi de pluie mais tous les matins, avec des larmes ou des colères qui dépassent l’âge de l’enfant. C’est le début de ce que je décris dans la mécanique de la phobie scolaire, et plus on le voit tôt, plus c’est simple.
  • Le repli. Un enfant qui ne raconte plus rien, qui a lâché ses copains, qui ne rit plus, ou un adolescent dont la porte reste fermée bien au-delà de ce qu’on connaissait.
  • La violence, subie ou exprimée. Des affaires abîmées, des bleus sans histoire, une peur d’un lieu précis, ou à l’inverse un enfant qui frappe, qui casse. Là, on n’attend pas octobre, on n’attend pas du tout.

Un seul de ces signes, un jour, ne veut rien dire. Un ou plusieurs qui durent depuis trois ou quatre semaines, alors que la rentrée est loin derrière, veulent dire quelque chose. C’est le moment d’en parler, à l’enfant d’abord, à l’école, au médecin si le corps est en jeu.

Ce que fait la sophrologie, et quand

La sophrologie n’intervient pas le jour de la rentrée. Elle n’a rien à y faire : la rentrée se traverse, elle ne se traite pas. Elle intervient au fil de l’année, quand on constate que quelque chose s’est installé dans l’enfant, et selon ce qui s’est installé.

Concrètement, dès 6 ans, l’enfant apprend des gestes simples qu’il peut refaire seul : une respiration qui calme le ventre avant d’entrer en classe, un relâchement du corps le soir pour trouver le sommeil, une image à soi pour tenir pendant un contrôle. Ce sont des outils, pas des explications ; ils marchent parce qu’ils passent par le corps, là où le stress s’est logé. Les parents sont associés au démarrage, et souvent ils repartent avec un exercice pour eux aussi.

Et quand ce qui s’installe dépasse mon champ, quand il y a un mal-être profond, une angoisse qui prend toute la place, une situation de harcèlement, je le dis, et j’oriente : médecin, psychologue, équipe éducative. La sophrologie travaille en complément, jamais à la place.

Un mois après la rentrée, la bonne question n’est donc pas « comment s’est passée la rentrée ? ». C’est : « qu’est-ce qui est resté ? ». Si la réponse est « pas grand-chose », l’année est lancée. Si elle est « le ventre, tous les matins », on peut en parler.

Questions fréquentes

Mon enfant a mal au ventre tous les matins d’école, mais pas le week-end. C’est du stress ?
C’est le signe le plus fréquent d’un stress qui s’est installé : le corps parle avant les mots. Un passage chez le médecin d’abord, pour écarter une cause physique ; ensuite, si rien n’est trouvé, c’est exactement ce que la sophrologie sait apaiser, avec des gestes que l’enfant refait seul.

À partir de quel âge un enfant peut-il faire de la sophrologie ?
Dès 6 ans environ, avec des exercices adaptés, sous forme de jeux et d’images. Les parents sont associés au démarrage de l’accompagnement.

Faut-il attendre que ça passe, ou consulter tout de suite ?
Un inconfort qui va et vient se laisse passer. Un signe qui dure depuis trois ou quatre semaines, alors que la rentrée est loin, mérite qu’on en parle. Violence, mal-être profond ou angoisse qui prend toute la place : on n’attend pas.

Une toile carrée jaune, sur laquelle est peinte à la bombe une tête en colère de couleur noire, symbolisant le stress scolaire, est appuyée contre un mur de briques rouges, sur un sol en béton.

Pour aller plus loin

Entre deux séances — la lettre de Marine

La dernière séance n’est jamais tout à fait la dernière.

Huit séances, parfois moins, et chacun reprend sa route. Mais je ne cesse pas de penser à vous pour autant. Alors, toutes les six semaines, je vous écris : ce qui m’a traversée depuis, un exercice à refaire chez vous, et deux ou trois lectures choisies parce qu’elles parlent de ce que vous vivez. Je n’y nomme jamais personne : ce qui se dit en séance reste en séance.

Quelque chose n'a pas fonctionné. Réessayez dans un instant.
Merci. Un dernier pas : je viens de vous envoyer un e-mail pour vérifier que c'est bien vous. Un clic dedans, et c'est fait. (Regardez dans les indésirables si vous ne le voyez pas.)

Toutes les six semaines, pas davantage. Votre prénom et votre e-mail ne servent qu’à vous envoyer cette lettre (envoi via Brevo, hébergé dans l’Union européenne), jusqu’à votre désinscription — en un clic, en bas de chaque lettre.